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AA-Francophonie
Groupe des Alcooliques Anonymes
tenant des réunions fermées par courriel
sur le mode de vie, les étapes et les Traditions



Réflexions de nos membres


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Admettre ou accepter

Moi aussi j'ai été "élevée" en AA à la marche ou crève. J'en ai peut-être déjà parlé mais tant pis, je vais yoyoter une fois de plus ,j'ai tellement de gratitude pour cet ami : Je me revois encore rêver et lever le nez 1 mètre au-dessus de moi devant la vitrine réfrigérée d'une aire d'autoroute pour entendre le grand cow-boy qui m'avait accueillie en AA me dire : "Tu sais ce que tu regardes-là ?"... J'ai bredouillé : "Ah ben oui tiens, on dirait une bière... ce sont les nouvelles boîtes, je connaissais pas... mais elle est sans alcool non ?" et là, il laissé tomber tranquillement comme une pierre : "Tu n'as peut-être pas assez bu..." Longtemps après, je lui en ai parlé pour lui dire merci. Il s'en souvenait et m'a dit qu'il n'en avait pas dormi de la nuit et que la semaine jusqu'à la réunion suivante avait été si longue pour lui qu'il n'avait plus jamais redit la même chose à aucun nouveau !

Il m'avait dit aussi : "Si tu dois rechuter, fais-le tout de suite parce plus tard on ne s'en relève que très difficilement"... et j'entendais bien que ce n'était pas des formules, c'était ce qu'il avait vu vivre.

Il n'empêche qu'il m'a permis en quelques secondes de passer de l'admission raisonnée et raisonneuse de mon problème d'alcool à l'acceptation, celle qui détend parce qu'on arrête de discuter et de se battre contre l'alcool qu'on a encore dans la tête. Et c'est à partir de là que j'ai senti que tout redevait possible. Parce qu'il m'a mise devant le choix que j'avais à faire en me disant : "Tu es libre,à toi de voir".

Il avait vu que j'étais dans ce moment crépusculaire où les brumes et les terreurs de la dernière cuite se sont assez éloignées pour qu'on recommence à douter parce qu'on n'a pas encore vraiment accepté son problème et même si on l'a déjà entrevu on n'a pas envie de se souvenir qu'on ne meurt pas de l'alcool, on en crève.

Et à partir de là peu à peu sont tombées toutes les réserves que je mettais à l'acceptation de mon impuissance devant l'alcool et qui étaient autant de " prétextes "possibles de futures rechutes(style : si je deviens vieille çà n'aura plus d'importance, si un jour je suis très malade,... si... si... ) jusqu'à ce que je me dise que même si tous les AA du monde venaient me dire qu'ils ont trouvé la pilule magique pour boire sans voir trop bu, je n'échangerais pour rien au monde mon nouveau mode de vie sans alcool contre leur pilule.

F.

Quelques petits tuyaux (suggestions)

Quand tu vas par exemple dans un mariage, va directement te servir un jus de fruit et bois-le, direct, ainsi tu n’auras plus soif. Ensuite prends un verre dans ta main, et garde-le SANS LE BOIRE. Personne ne cherchera à te proposer quelque chose à boire si tu as un verre plein à la main, quoi qu’il y ait dedans.

A table, remplis toi un verre d’eau, et retourne les autres verres. Personne ne prendra le verre pour le remettre à l’endroit et le remplir.

Si tu DOIS entrer dans un restaurant ou dans un café pour boire un verre, réfléchis AVANT d’entrer à ce que tu vas commander ; sache toujours avant de t’asseoir ce que tu veux boire. Le réflexe est trop vite repris de commander une bière, un ballon de rouge, ou un whisky selon ton produit de choix …

Quand tu dois aller dans une réception où l’alcool doit couler à flot, appelle ton parrain ou un ami privilégié avant de partir, prends un petit bouquin AA dans ta poche ou dans ton sac, et si tu te sens trop mal pendant, isole-toi quelques minutes et appelle pendant la journée / soirée ; et si c’est vraiment trop dur, FUIS.

Dis-toi bien que ceux qui t’aiment seront enchantés de voir la personne que tu vas devenir sans alcool.

B.

Sur l'honnêteté

De mon coté j'ai toujours eu à coeur cette valeur. C'est très important pour s'accomplir et être heureux.

Je me rends compte aujourd'hui que je dois quand même la travailler. Comment puis je être honnête avec moi même en buvant tout l'alcool qui me tombe sous la main ???

Chez AA, on dit aux nouveaux que la 1ère étape est de s'avouer vaincu par l'alcool. "C'est ce que j'ai fait il y a 6 mois". On dit aussi que pour être dans AA : il faut avoir le désir de cesser de boire. "Je l'avais aussi". Donc pourquoi je consommais toujours ???? Je faisais pourtant tout ce qu'il fallait !!

J'ai trouvé il y a 2 semaines environ ce qui me manquait pour une vrai sobriété durable : l'honnêteté envers moi. En me disant que j'étais alcoolique, je me donnais le droit de continuer de prendre de l'alcool à l'occasion. Je négociais avec ma maladie. C'était donc à chaque fois la débâcle et le recommencement vers le chemin de la honte et de la culpabilité... Je ne comprenais pas pourquoi ça ne fonctionnais pas!!

Voilà! après 9 jours sans alcool, Je poursuis donc ma route vers la sobriété.

S.

Oui, une rechute c'est grave

Reprendre de l'alcool, pour alcoolique, c'est reprendre le chemin de la folie et de la mort.

J'ai plein d'exemples en tête d'amis qui n'ont pas pu s'en relever et ne sont jamais revenus en réunion. J'ai aussi des exemples de rechute qui ont fini par la mort de l'ami en question.

De même qu'il n'y a pas, comme je l'entends hélas parfois en AA, de "petite rechute". Pour nous, alcooliques, il n'y a pas de demi-mesure possible. Si je rebois, même un seul verre, je sais que je finirai par en reprendre des litres plus tard. Je me souviens de cette amie qui était revenue en réunion après de longs mois de réalcoolisation. Elle avait juste bu une coupe de champagne à un réveillon. Elle pensait que tout allait bien puisqu'elle ne buvait de nouveau plus pendant un mois. Et puis après, elle était finalement repartie à la bouteille et avait bien des difficultés à retrouver son abstinence.

Cette maladie est rusée. Elle ne nous lâche pas quand elle nous remet le grappin dessus.

B.

La Puissance Supérieure

Effectivement, la Puissance Supérieure peut être beaucoup de choses. C'est pour ça d'ailleurs qu'on parle de la Puissance Supérieure "telle que nous la concevons". Pour certain, c'est un Dieu "religieux" (quelque soit la religion). Après, il y a plein d'exemples de PS. J'ai connu quelqu'un qui imaginait comme PS son grand-père décédé qui le regardait avec bienveillance et veillait sur lui. D'autres utilisent le concept d'une "force" impalpable. Je me rappelle d'une personne qui utilisait même un maître Jedi !

Dans les pays anglophone, certains utilisent une définition de Dieu (God) qui est Group Of Drunks (groupe d'alcooliques) car ils considèrent que leur PS est le groupe des AA. Ce qui est mon cas. Je sais que seul, je n'arrive à rien. Il me faut quelque chose de supérieur à moi qui me guide avec bienveillance. Cette guidance et cette bienveillance, je la trouve dans l'énergie dégagée lors des réunions et des échanges entre AA. Bref, tu vois, il y a beaucoup d'interprétations différentes de ce qu'est une Puissance Supérieure ! L'essentiel est que tu trouves la tienne. Il n'y a aucune vérité absolue pour définir la PS.

O.

Ego, égoïsme...

Je pense que j'étais l'artisan de mes malheurs quand je cherchais à être prise en charge par mon entourage. J'entretenais un certain état, je cultivais la difficulté, je me compliquais la vie et puis je m'apitoyais sur mon propre sort et j'attendais qu'on me vienne en aide. Je n'étais pas du tout consciente de cette attitude et j'étais persuadée d'être purement victime. Ma tristesse justifiait mon alcoolisme et mon alcoolisme entretenait ma tristesse.
C'était un égoïsme en appel de recevoir sans franchement demander. C'était me mettre dans une position infantile tout en ayant l'air de prendre mes responsabilités.
C'était vraiment un drôle de cirque.
Et autour de moi, je trouvais des gens qui acceptaient de jouer dans ce scénario. Probablement, cela leur donnait une certaine importance, une impression d'avoir un pouvoir sur moi.
C'était vraiment un jeu de dupes.
Quand j'ai arrêté de boire, quand je me suis réveillée, ces gens-là, - certains d'entre eux en tous cas -, m'en ont voulu de ne plus entrer dans le jeu et j'ai rompu complètement certaines de ces relations.

Je pense qu'il y a deux sortes d'égoïsme. Le premier consiste à se prendre pour le centre du monde, à attendre de recevoir, à penser que tout nous est dû, à vouloir contrôler toute chose et tout le monde, ... Cet égoïsme-là ne mène nulle part sinon à la banqueroute générale de ma vie relationnelle. Il m'empêche d'être pleinement libre et épanouie.
A côté de ça, il y a un égoïsme sain qui consiste à bien s'occuper de soi-même, sainement, à être responsable de soi, à se prendre en charge, à se respecter.
En fait, pour dépasser l'ego, je crois qu'il faut d'abord faire en sorte que cet ego soit sain, bien équilibré, en bonne forme.
C'est vraiment tout un chemin. La spiritualité est un chemin, un travail sur soi pour toute la vie. On ne devient pas un être de spiritualité en claquant dans les doigts et il ne suffit pas d'avoir la foi, il faut aussi les oeuvres.
Nous, AA, avons nos Etapes pour nous guider sur ce chemin.
Pour moi, ce fut là une véritable révélation.

"Tu aimeras ton prochain comme toi-même". Le "comme toi-même " est important. Je crois qu'on doit s'aimer au même titre qu'on aime les autres, ni plus, ni moins, s'aimer sans laxisme, sans tout se permettre en veillant sur nous-mêmes et sur nos progrès spirituels. Ce n'est pas forcément facile.
Mais ce que je veux dire, c'est que dépasser son propre égoïsme, ce n'est pas, pour moi, s'écraser ni faire abstraction de soi. C'est se conduire dignement en personne responsable de soi et des autres, qui participe au monde sans s'en croire le centre et sans chercher à en tirer gloire.

J.

Anonymat & humilité

Mais l'anonymat c'est aussi, comme dit dans l'extrait de littérature d'aujourd'hui, un réducteur d'ego, une voie d'accès à l'humilité.
Je ne sais pas vous, mais moi, ça m'a fait un bien fou de me retrouver dans un environnement où on pouvait baisser les armes, où on pouvait arrêter de chercher tout le temps à prouver qu'on était le ou la meilleure. Finie, la bagarre, la compétition menant à toutes sortes de mensonges faits aux autres mais aussi à soi-même.
Je pense que j'ai été éduquée comme ça, dans cet esprit de compétition, mais c'est complètement usant et même contre-productif. Par exemple, quand on est si "fort", si "supérieur", pas besoin de poser des questions, pas besoin de demander de l'aide, ... et c'est ainsi qu'on loupe plein de savoirs, plein d'opportunités.
L'humilité c'est reposant. Mais ça ne veut pas dire qu'il faut se dévaloriser non plus. Plutôt prendre sa juste place, ni plus haut, ni plus bas que l'ensemble de nos semblables, avoir conscience de nos véritables forces et faiblesses, en faire bénéficier le monde quand il s'agit de forces et tâcher de nous améliorer pour nos faiblesses en demandant de l'aide si nécessaire.
C'est assez simple, en fait. Pas la peine de se prendre la tête.
J'ai bu aussi pour me sentir à la hauteur quand je mettais la barre beaucoup trop haut.
Avec un peu d'humilité, plus besoin de doping !

J.


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