AA-Francophonie    
Groupe des Alcooliques Anonymes    
tenant des réunions fermées par courriel    
sur le mode de vie, les Étapes et les Traditions    

 

 



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Réflexions de nos membres


Suite ...


La peur

« Il est dit dans le livre des AA : « La peur est comme un fil mauvais et pourri, la trame sur laquelle notre existence est tissée. » Il est certain que la peur freine la raison et l'amour, et elle déclenche invariablement la colère, l'orgueil et l'agressivité. Elle sous-tend la culpabilité larmoyante et la dépression paralysante. Le président Roosevelt faisait un jour cette sage remarque : « Nous n'avons rien à craindre que la peur elle-même.»

J'ai appris avec AA que le contraire de l'amour, ce n'était pas la haine, comme je le pensais jusque là, mais la peur. J'ai réalisé que bien souvent, ce qui me retenait d'exprimer mon amour, mon affection était une peur de me montrer vulnérable, dépendante, peut-être, faible. Il y a là, pour une bonne part, un frein mis en place par l'ego qui veut se protéger et garder une image forte de lui-même.
Mais en AA, on dit aussi que c'est lorsque on est capable de (s')avouer sa faiblesse qu'on est véritablement fort.

Une autre peur qui peut aussi être négative est la peur de l'inconnu. Je me souviens aussi qu'à l'époque où je souhaitais arrêter ma consommation alcoolique, le monde sans alcool me faisait peur. J'avais peur de perdre mes repères, mes relations de piliers de comptoir, mes habitudes. J'avais peur du vide que l'absence de bouteilles allait créer dans ma vie .

Je pense que la peur est une émotion nécessaire pour agir et se protéger. Mais certaines peurs ne résultent que de constructions mentales sans véritable fondement. Face à la peur, il y a un équilibre à trouver. Trop de peur paralyse et empêche de vivre.

J.


Les rechutes et le groupe

J'ai appris des amis anciens, ainsi que de mon expérience, qu'il ne fallait pas dramatiser une rechute, ne pas juger l'ami qui a reconsommé, mais ne pas la banaliser non plus. Cela permet de nous souvenir de la force et du danger de cette maladie mortelle.

J'essaye toujours de garder la main tendue, mais je pense effectivement qu'il serait dangereux pour moi de croire que j'ai la solution miracle pour l'ami qui a du mal à en sortir. Je risquerai de me prendre pour Dieu et de m'attacher à vouloir maîtriser l'alcool de l'autre, alors que je ne sais pas maîtriser le mien. Je ne peux que partager mon parcours et je sais aussi que je dois privilégier ma propre sobriété en laissant les aamis suivre leur chemin, même s'il apparaît périlleux.

Je peux témoigner que c'est possible d'être sobre, partager que j'essaye d'appliquer le programme et ce que l'on m'a transmis et prier pour l'ami qui souffre encore.

B.


Vivre et laisser vivre

Prendre parti pour des grandes causes peut, à certains moments, être une façon d'éviter d'aborder nos propres problèmes en déplaçant notre attention et nos émotions vers des sujets qui nous sont extérieurs. C'est un moyen d'éviter d'affronter nos propres questions à résoudre.

En plus de cela, les émotions que peuvent engendrer des prises de position et des débats passionnés, ne sont pas bonnes pour nous, alcooliques, et risquent d'affecter notre tranquillité d'esprit et notre sérénité et à ainsi, d'une façon ou d'une autre, nous rapprocher du verre.

Nous avons donc plus d'un intérêt à nous tenir éloignés des débats et à nous garder de jugements péremptoires.

J.

Moi je voyais ça beaucoup plus du côté intime entre deux personnes par exemple. Je voyais ça comme un respect de l'autre c.à.d. respecter ses opinions, ses principes mais être en mesure de donner les miennes d'opinions sans essayer de convaincre l'autre que j'ai raison ou tort.

F.


Le cercle et le triangle

Il n'est pas facile ce matin de vous partager en mots ce que j'ai compris dans ce symbole des AA. Je vois que les trois legs qui nous ont été donnés en héritage sont ce qui fait la base de notre mouvement.

"Rétablissement" : c'est en pratiquant les Douze Étapes que je me rétablirai.

"Unité" : les Traditions sont là pour protéger la survie et l'harmonie des groupes.

Par le "Service", j'affirmerai ma foi dans les principes qui disent qu'il est nécessaire et que chacun doit faire sa petite part pour la survie et la croissance du mouvement.

Le cercle, je le vois composé de tous les alcooliques du monde entier qui, se tenant par la main, forment une chaîne dans l'amour pour protéger ce Triple Héritage intact et le propager ensuite à la génération d'alcooliques qui suivront.

Voilà ma façon à moi de comprendre ce symbole. Vous avez droit de penser différemment. Vos partages me permettront d'approfondir mes connaissances. Bonnes 24 heures et gratitude envers ceux-là qui m'ont transmis ce Triple Héritage !

S.


Les 12 Promesses

On a souvent l'habitude de citer les Promesses hors contexte et surtout à ne pas citer complètement la première.

"Si nous sommes sérieux et appliqués dans les efforts que demande cette phase de notre évolution, nous serons étonnés des résultats, même après n'avoir parcouru que la moitié du chemin."

Dans mon cas, les premiers résultats ne se sont effectivement pas fait attendre. Au début, financièrement. Je suis arrivé à AA plus pauvre que Job. J'ai aussi repris une certaine forme physique et ma santé s'est améliorée. Mon épouse me reprochait cependant d'être moins présent et plus agressif, moins serviable qu'avant. Cela s'est passé avec le temps.
La première Promesse est celle que j'ai vécue le plus rapidement. Pour les autres, il faut laisser au temps le temps... Il faut aussi mettre les efforts pour vivre le mieux possible le mode de vie AA.

Lorsque je suis arrivé, un vieux membre m'a dit une phrase que je n'oublierai jamais: "Si tu mets autant d'efforts pour arrêter que tu en as mis pour boire, tu es assuré de réussir." Cela ressemble étrangement au début de la première Promesse de bonheur.

M.


La seule condition

La seule condition est le désir d'arrêter de boire... même le mot ''sincère'' a été retiré.

J'étais bien content de savoir que c'était la seule condition. Nulle personne ne peut être refusée à une assemblée, quels que soient son titre, ses avoirs ou son intellectuel. La vision de Bill est réellement spirituelle. Cré... Bill. Drôlement inspiré. Et à chaque fois je suis surpris lorsque je rentre dans une salle AA, que le ''je'', devient ''nous''. La complicité de se comprendre et de s'épauler dans les échanges et ce, quel que soit le domaine.

Je continue à persister dans ce programme et il y a de l'amélioration.

G.


La 4ème étape

Quand j'ai commencé ma quatrième étape - je l'ai souvent commencée, mais terminée une seule fois -, j'expliquais en long en large et en travers les souffrances que les autres m'avaient infligées.

J'expliquais à qui ? À moi ? À Dieu ? À un autre être humain lecteur éventuel ? À moi ? Je savais fort bien ce qu'on m'avait fait; à qui est-ce que je voulais raconter cette histoire que je connais sur le bout du doigt. À Dieu ? Comme je l'ai mis dans ma vie au cours des trois premières étapes, ce Dieu d'amour est censé savoir qui m'a fait du mal - et pourquoi. Il est même censé, dans Son amour infini, avoir déjà pardonné à ceux-là. À un autre être humain, lecteur éventuel ? Ah ! c'était par là qu'il fallait regarder ! Mon ego, encore une fois : je ne pouvais pas être responsable ! Ma marraine à qui je m'en ouvrais m'a dit de continuer la valse : 1-2-3, 1-2-3, 1-2-3, « jusqu'à ce que tu puisses te reposer en Dieu ».

Et puis un jour, j'ai commencé à voir ce que MOI j'avais fait de ce qu'on m'avait fait, toutes les souffrances que je m'étais infligées en prolongeant celles qu'on m'avait faites, et mes masques ont commencé à se craqueler et je me trouvais un peu moins victime quand je me regardais dans la glace. Et puis c'est devenu douloureux, cette prise de conscience. Et je me suis mise à pleurer de plus en plus souvent sur ce que j'étais, ce que je faisais, ce que j'avais fait et pensé. Mes propres manques d'amour - parce qu'au fond c'est ça notre quatrième étape, la liste de nos manques d'amour envers les autres et envers nous-mêmes. Ma marraine m'a dit alors : « le temps est venu : c'est ta quatrième qui pousse, repose-toi dans l'amour de Dieu, assieds-toi et écris ».

C'est ce que j'ai fait. Et c'était bien, et c'était le bon moment.

R.


L'honnêteté

Pour vivre heureux, je crois qu'il faut d'abord être honnête avec soi-même. Je pense que ce n'est pas toujours facile même avec la bonne volonté. C'est aussi pour ça qu'on a besoin d'une personne de confiance, pour nous aider à voir clair dans le méli-mélo de ce que nous sommes.

Il y a des traits de caractère que je n'accepte pas chez moi. Ce ne sont pas forcément des défauts. Ce sont des attitudes que je n'accepte pas d'avoir car j'ai appris qu'elles n'étaient pas correctes. Ce sont souvent celles que je reproche en premier aux autres... mais qu'en fait je m'interdis à moi-même.

Pour pouvoir être vraiment honnête, j'ai besoin de l'aide d'une personne bienveillante et je dois aussi être capable d'indulgence vis-à-vis de moi-même et des autres.

Ce sont parfois des peurs, des manques, des faiblesses qui sont à découvrir.

Je fais cette expérience parfois de me rendre compte de certains côtés de moi que j'avais toujours voulu ignorer. Ce n'est pas forcément difficile. C'est même parfois plutôt une libération de s'autoriser à être vraiment soi-même.

J.


La 8ème étape

Résolument je vois en chaque étape un cadeau. J'ai reçu chacune comme telle, et chaque fois que je les lis, que je les entends en réunion, je le ressens plus fort.

Et celle-ci pour moi en est un, véritablement. Qui m'a permis d'en accepter l'idée, parce que jusque là, demander pardon ne m'avait pas posé de problèmes... sauf envers ceux que je considérais m'avoir fait du mal ! Ça ne laissait plus beaucoup de monde auprès de qui m'excuser...

Cette étape me permet de me préparer. De me mettre en état de présenter mes excuses. De laisser la compassion prendre la place du ressentiment, et l'honnêteté celle de mes sempiternelles justifications. De me montrer que demander pardon me sera salutaire... Me libérer de la chape de culpabilité qui pesait sur mes épaules, et du même coup me dégager de la gangue de ressentiment qui m'étouffait.

Dresser la liste honnêtement, examiner chaque instant de ma vie à la loupe, bien séparer la cause des effets pour ne laisser personne de côté, c'est tout ce qui m'est demandé dans cette étape. Pas de savoir si untel ou une telle pourra recevoir mes excuses, ni ce qu'il en fera.

Et c'est en me dégageant des conséquences de ces excuses, que je peux les envisager sans crainte. C'est une formidable idée d'avoir ainsi scindé les choses, comme l'inventaire qui vient avant l'aveu de mes torts, comme d'accepter que dieu m'enlève mes défauts avant de les lui confier, là cette fois je fais la liste des personnes auprès de qui je m'excuserai dans l'étape suivante, c'est vraiment libérateur !

M.


L'abstinence suffit-elle ?

Si l'abstinence suffisait, je suis certain que Bill nous aurait concocté un programme ne comportant qu'une étape !

L'autre jour à ma réunion physique hebdomadaire, j'ai entendu quelqu'un dire : "Sur les 12 étapes de notre programme, il n'y en a qu'une qui parle d'alcool ! C'est donc bien qu'il faut changer aussi d'autres choses ! Arrêter de boire ne résout pas tout..." Bien entendu, sans la première Étape, les autres étapes ont de la peine à se faire...

J'ai fait des dizaines voire des centaines de fois amende honorable quand je buvais, j'en avais besoin, c'était la condition pour que l'on me prête de l'argent ou même que je me sente mieux avec mon entourage... !!! Pourquoi, ne le ferais-je pas maintenant ? Après tout, c'est quelque chose qui a marché par le passé !

Je n'ai pas eu besoin de lire les pages 75 et 76 du "Gros livre" pour savoir qu'arrêter de boire uniquement ne suffisait pas... Après une abstinence de 3 ans, un peu à l'arraché, et surtout en pensant que j'avais réussi ma vie, puisque j'avais réussi l'impossible, je croyais que tout m'était dû, j'ai pratiquement tout perdu, et j'étais sûr qu'il n'y avait plus rien à faire ! Alors, j'ai repris le verre... Je n'ai rien changé à ma manière de voir la vie, elle n'a pas changé par le fait que j'ai arrêté de boire, et les autres n'ont pas changé vis-à-vis de moi, du moins pas longtemps. Au début ils m'encourageaient, mais quand ils ont vu que je ne changeais pas, ils ont repris leurs anciennes attitudes envers moi !

J'étais perdu quand je suis arrivé en alcooliques anonymes, arrêter de boire, je savais faire...

Mais vivre, je suis encore en train d'apprendre grâce à Dieu et à vous tous !

T.


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